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( IV ) LES MORTS SUSPECTES

SOUS VALERY GISCARD D'ESTAING :

Valéry Giscard d'Estaing fut président de 1974 à 1981 . Né en 1926 , il a été le 3ème président de la 5ème république française ( après Charles de Gaulle et Georges Pompidou ) . Voulant exercer un second mandat présidentiel en 1981 , François Mitterrand le battit ( alors qu'il était le favori des sondages ) lors de l’élection présidentielle .

Durant son septennat , de nombreux scandales virent le jour . Parmi ses affaires , on peut citer l'Affaire des diamants de Bokassa de 1979 ou encore l'Affaire Maurice Papon de 1981 …

Arrêtons nous attentivement sur les morts suspectes de ce septennat :

( 1 ) JEAN DE BROGLIE ( 1921 – 1976 ) :

 

Ce descendant de noble lignée , occupa plusieurs fois la fonction de secrétariat d'état durant sa carrière politique ( secrétariat d'état chargé de la fonction publique en 1962 , secrétaire d'état aux affaires algériennes de 1962 à 1966 et secrétaire d'état aux affaires étrangères de 1966 à 1967 ) . Il fonda avec Valéry Giscard d'Estaing ( entre autre il était le cousin de sa femme ) , le parti politique des républicains indépendants . Il sera par la suite chargé de réunir des fonds pour la campagne présidentielle de 1974 , de Valéry Giscard d'Estaing ( selon Guy Simoné dans son livre Imbroglio Comme De Broglie , Un Septennat Meurtrier datant de 2006 ) . Son fait de gloire sera les accords d'Evian de 1962 , qui arrêtera la guerre d'Algérie ( il faisait partit de la délégation française en tant que négociateur notamment ) .

Pourtant le 24 décembre 1976 Jean de Broglie sera retrouvé mort , à Paris avec 3 balles dans la tête ( il avait 55 ans ) . L'affaire sera bizarrement conclue très rapidement ( en moins de 3 jours ) . Trois personnes seront arrêtés ( un malfrat se nommant Gérard Frêche , un inspecteur de police s’appelant Guy Simoné et un ancien proche du défunt Pierre de Varga ) . Le 29 décembre 1976 , le ministre de l'intérieur Michel Poniatowski convoque la presse ( il était un des fondateurs au passage des républicains indépendants et la victime était un de ses amis intimes ) . Il était accompagné des patrons de la police judiciaire parisienne ( Jean Ducret ) et de la brigade criminelle ( Pierre Ottavioli ) . Cette conférence affirme que Jean de Broglie a été tué pour un remboursement d'un prêt destiné à l'achat d'un restaurant ( La reine Pédauque à Paris ) . Il faut ajouter qu'un homme d'affaire sera également arrêté ( Patrick Allenet de Ribemont ) . Simoné , Frêche et de Varga seront condamnés à 10 ans de réclusion criminelle , alors que l'homme d'affaire lui obtiendra un non lieu ( jugement fait au début des années 1980 ) .

Malgré le fait que cette affaire soit classée secret défense , plusieurs points restent à éclaircir :

  • La concierge témoigna le jour du drame auprès de la presse . Elle ne fut cependant jamais retrouvée ni par le juge d'instruction ni par les enquêteurs ( selon Guy Simoné dans son livre de 2006 ) . Elle était le seul moyen de prouver son innocence .

  • Un groupe d’extrême droite revendique le meurtre , peu de temps après l'assassinat ( Charles – Martel ) .

  • Lors de la conférence de presse du 29 décembre 1976 , le ministre de l’intérieur viole le secret d'instruction . La garde à vue vient tout juste de se finir et surtout , les suspects n'ont pas encore étés déférés devant le juge d’instruction .

  • Le mobile pour plusieurs observateurs , restent « léger » ( les bénéficiaires du prêt étaient Varga et Ribemont non de Broglie , l'accord était connu de la famille du défunt et surtout de la banque nationale de Paris ) .

  • La fille de Pierre de Varga ( Pascale ) confirme que le prêt accordé par de Broglie ne concerne que Ribemont , pas son père . Elle dévoile également l'existence d'un accord secret ( si de Broglie mourrait , l'argent du prêt devait aller à sa famille ) .

  • Le journal le Canard enchainé révèle peu de temps avant la fin de l'instruction , que la police judiciaire était bien informée qu'on voulait exécuter Jean de Broglie . On sut par la suite qu'un rapport de la police judiciaire contenait ces informations ( bien avant le jour fatidique pourtant ) . Néanmoins , le juge d'instruction ( Floch ) boucla son instruction quand même sans la reporter .

  • Selon Simoné dans son ouvrage , la hiérarchie policière connaissait l'existence de ses menaces ( l'ancien ministre était même sous surveillance rapprochée ) . Un ancien inspecteur de la brigade de recherche et d'intervention , affirma dans un de ses ouvrages , que ses chefs de la brigade antigang avait décidé d'effacer toutes les traces de leur présences ( l'intitulé du livre est La Tentation de l'ombre datant de 2001 , Eric Yung en est l'auteur ) . Par la suite cet ancien inspecteur fut licencié ( peut être car il était en désaccord avec ses chefs ) et a échappé à un attentat à la bombe ( il se trouvait avec son ami Yves Mourousi qui s'en est sorti également ) .

  • On apprit aussi que le défunt possédait plusieurs sociétés ( en Suisse et au Luxembourg notamment ) .

  • Pour finir Guy Simoné affirme dans son livre que Jean de Broglie et d'autres personnalités de premiers envergures , étaient dans le viseur de l'Opus Dei ( cette « mafia catholique » aurait participé à la campagne de Valéry Giscard d'Estaing , de manière financière notamment ) .

Sortit en 2015 , un livre de Christian Chatillon va dans le même sens ( le livre de Chatillon s'intitule Contre – enquête sur l'affaire de Broglie ) .

Des doutes subsistent encore aujourd'hui , sur la mort de Jean de Broglie …

( 2 ) ROBERT BOULIN ( 1920 – 1979 ) :

 

Cet ancien résistant , occupa plusieurs hautes fonctions dans sa carrière . En effet , cela alla du poste de secrétaire d'état ( secrétaire d'état aux rapatriés de 1961 à 1962 , secrétaire d'état au budget de 1962 à 1967 et secrétaire d'état à l'économie et aux finances de 1967 à 1968 ) au poste de ministre ( ministre de la fonction publique en 1968 , ministre de l'agriculture de 1968 à 1969 , ministre de la santé publique et de la sécurité sociale de 1969 à 1972 , ministre délégué auprès du premier ministre chargé des relations avec le parlement de 1972 à 1973 , ministre chargé des relations avec le parlement de 1976 à 1977 , ministre délégué auprès du premier ministre chargé de l'économie et des finances de 1977 à 1978 ) . Ce « stakhanoviste » de la politique finira par occuper le poste de ministre du travail et de la participation , de 1978 à 1979 .

Pourtant le 30 octobre 1979 , Robert Boulin est retrouvé mort noyé dans la foret de Rambouillet ( il avait 59 ans ) . Son corps se trouve à coté de la berge de l'étant Rompu ( endroit ou la profondeur est de 50 centimètres ) . Sur lui , on trouve une lettre d'adieux ( notamment cette phrase « Messieurs , j'ai décidé de mettre fin à mes jours » ) . L’enquête initiale conclue à la thèse du suicide ( c'est la thèse officielle ) . Il faut rajouter que l'ancien ministre était décrit comme dépressif , depuis l'affaire de Ramatuelle ( le jour de sa mort le juge de l’enquête , demande l'examen de ses comptes bancaires ) . Elle concerne le système Tournet ( qui consistait à acheter ou revendre les mêmes terrains à plusieurs propriétaires différents ) . Une campagne cherchant à le dénigrer commence alors ( des lettres anonymes adressées à la presse en est l’élément déclencheur ) . Il énonce cette affaire d'ailleurs dans sa lettre d'adieux . Dans un premier temps la famille du défunt n'avait pas porté plainte ni remis en cause , la thèse officielle .

Comme vous pouvez l’imaginer , cette thèse officielle fut par la suite remise en cause . La famille décida en 1983 , de porter plainte contre x pour homicide volontaire . Elle portera en 1988 , une nouvelle plainte pour destruction de preuves . Ce changement d'avis tardif s'expliqua par le fait , que plusieurs points posent problèmes :

Pour commencer l’enquête sur les circonstances de la mort , est pleines d’approximations ( des traces sont relevées près de l’étang mais elles sont pas inscrites dans la procédure , les expertises médicales sont « bâclées » , des organes de Robert Boulin disparaissent , plusieurs témoignages contredisent l'heure officielle du décès … ) .

Ensuite en 1983 et en 1988 , des anomalies importantes sont démontrées ( l'autopsie de 1983 prouve que des fractures au visage n'ont pas été mentionnées lors du premier examen , en 1988 on arrive à prouver que le corps de l'ancien ministre a été bougé après sa mort ) .

Puis en 2013 , un film et un débat télévisé sur Robert Boulin pousse une personne à témoigner .

Pour finir après de multiples rebondissements dans le passé ( un non lieu fut prononcé dans le début des années 1990 , au début des années 2000 l'audition de nouveaux témoins fut ouverte notamment ) , le parquet de Versailles ouvre une information judiciaire en 2015 ( avant cela par deux fois , on ne put faire rouvrir l'instruction ) .

Des doutes subsistent encore aujourd'hui , sur la mort de Robert Boulin …

( 3 ) JOSEPH FONTANET ( 1921 – 1980 ) :

 

Cet ancien homme politique voyagea à travers divers postes de hauts rangs . En effet il exerça son métier en tant que secrétaire d'état ( secrétaire d'état au cabinet de Michel Debré en 1959 , secrétaire d'état à l'industrie et au commerce en 1959 également et secrétaire d'état au commerce intérieur auprès du ministre des finances et des affaires économiques de 1959 à 1961 ) . Il exerça aussi en tant que ministre ( ministre de la santé publique et de la population de 1961 à 1962 et encore une fois en 1962 , ministre du travail de l'emploi et de la population de 1969 à 1972 , ministre de l’éducation nationale de 1972 à 1973 de 1973 à 1974 et encore une fois en 1974 ) .

Mais voilà en février 1980 , Joseph Fontanet est assassiné à Paris ( il avait 59 ans aussi ) . La scène s'est déroulée en bas de son immeuble . L’enquête poussera la police à arrêter « une bande » de jeunes qui erraient dans les rues de Paris . Ces " marginaux " seront identifiés , arrêtés et emprisonnés .

Plusieurs points posent tout de même problème :

  • Les enquêteurs avaient suivi tout d'abord diverses pistes alors que leurs revendications étaient fantaisistes .

  • La police n'eut pas d'aveu de la part des jeunes .

  • Aucunes preuves ne purent être apportées aux enquêteurs , pour condamner ces personnes malgré le fait , que les enquêteurs étaient persuadés de leur culpabilité .

Des doutes subsistent encore aujourd'hui , sur la mort de Joseph Fontanet …

Comme vous pouvez le constater , ces quelques morts peuvent porter à réflexion . La gauche n'a rien à envier à la droite au niveau des possibilités de réflexion ( vous le verrez dans mon deuxième article ) . J'espère que vous avez put vous forger votre propre opinion sur ce sujet " épineux " .

Ps :

Ceux qui ont étés attentifs auront remarqué que Fontanet et de Broglie ,

sont nés lors de la même année et ont connu la même fin tragique

( simple coïncidence ) .

Au passage le sketch des Inconnus se nommant Le jeu de la vérité vraie , illustre bien le monde politique de manière corrosive . Ce sketch pourrait également être fait aujourd'hui , vous ne trouvez pas ?

 

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